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Quelques manières dont la survie — en tant que discipline — peut être applicable pour mieux vivre. Dans cet épisode je reprends la fameuse pyramide des compétences et la règle des trois, en essayant de voir de quelle manière on peut utiliser ces deux checklists pour améliorer sa qualité de vie, et reprendre du pouvoir […]
Plein de bon mots et de réflexions profondes
Au début des années 1960, le psychologue américain Milton Rokeach mena une expérience devenue célèbre : il confronta à plusieurs reprises 3 patients schizophrènes clamant chacun être Jésus Christ, notant leurs réactions. De façon intéressante, chaque patient pensait que les deux autres souffraient de troubles psychiatriques expliquant leur croyance.
Il publia un livre, qui fut adapté au théâtre et au cinéma.
La "loi de proximité" est un principe qui veut que l'importance d'une information dépend de sa proximité géographique, temporelle, affective, etc. Nous sommes par exemple plus "touchés" par un drame qui se produit près de chez nous ou dans un pays que nous avons visité que par un drame lointain.
Dans le même ordre d'idées, on parle aussi de "mort kilométrique" : ce terme désigne le fait qu'une mort nous affecte d'autant moins qu'elle nous parait éloignée.
D'après un pédo-psy (lequel ?), il y a 5 grands traumatismes qu'il à tout prix faut éviter dans l'enfance :
- rejet
- abandon
- humiliation
- trahison
- injustice
Aujourd'hui, un couple d'amis nous font part de leurs problèmes pour avoir un enfant. Mon fils de 5 ans les a beaucoup aidés : "C'est pas compliqué ! Un zizi, une zezette, on pousse au fond, et c'est bon ! Tout le monde sait ça !" VDM
L’effet Brandolini (du nom de l’informaticien italien l’ayant établi) est un adage selon lequel le temps et l’énergie qu’il faut pour réfuter une sottise seront toujours largement supérieurs (jusqu’à dix fois plus) au temps et à l’énergie qu’il faut pour l’émettre. On parle d’asymétrie dans l’argumentation.
Le « sage » sera donc constamment désavantagé par rapport à l’« idiot », notamment sur les forums et réseaux sociaux, ou dans les débats politiques, où le contexte (temps de parole à respecter, temps passé à écrire sur un clavier, etc.) ne permet pas à une personne de réfuter une sottise. Le sage apparaîtra donc toujours moins convaincant que l’idiot.
L'effet pom pom girl, auquel il est fait référence dans un épisode de la série "How I Met Your Mother", désigne le processus par lequel notre cerveau appréhende un groupe d'éléments de façon globale, plutôt que de considérer ces éléments de façon individuelle. Ainsi, une personne paraitrait plus attractive lorsqu'elle est en groupe, que lorsqu'elle est seule.
L’élément le plus important de la confiance en soi est sans doute la possibilité d’agir, si possible contre la menace, à défaut d’agir tout court. Dans le film d’Alain Resnais, Mon oncle d’Amérique, le professeur Henri Laborit décrit une expérience de laboratoire. Un rat, seul dans une cage, subit des décharges électriques. À la fin de l’expérience, le rat présente tous les symptômes de stress aggravé. Lorsqu’on place deux rats ensemble dans la même cage et sous les mêmes décharges électriques, on s’aperçoit à la fin de l’expérience qu’ils ne présentent pas de signes de stress. La différence avec le premier cas est qu’ils se sont battus entre eux. Cela n’a diminué en rien la quantité d’électricité reçue mais, au contraire du premier rat qui n’a fait que subir, ils ont agi. La comparaison avec les rats peut choquer, pourtant la réalité est la même, un combattant qui agit diminue sa tension nerveuse, encore faut-il qu’il puisse agir.
On a évoqué la difficulté de la période d’attente avant le combat. De la même façon, une étude sur les troubles psychologiques dans la Royal Air Force de 1941 à 1945 montre que ceux-ci frappèrent surtout les équipages de bombardiers, pour la plupart soumis à une menace diffuse, mais permanente lors de leur missions. De nombreux pilotes de chasse avouent aussi avoir préféré affronter la chasse adverse plutôt que l’artillerie antiaérienne contre laquelle ils ne pouvaient rien. Cette action sécurisante consiste souvent à ouvrir le feu, pour rien sinon satisfaire son besoin de faire quelque chose. Certains sont trop stressés pour prendre même cette décision, il faut alors les obliger à faire quelque chose de positif comme creuser un poste de combat ou apporter les premiers soins à un camarade par exemple. L’expérience montre qu’ils s’empresseront de le faire, même si c’est dangereux, car cela les soulage aussi.
Une autre expérience psychosociale a consisté à faire travailler deux groupes d’individus dans des pièces séparées, mais avec, pour tous, un fond sonore permanent très déplaisant. Les membres d’un de ces groupes disposaient d’un bouton permettant d’arrêter le bruit, les autres en étaient dépourvus. Les résultats des travaux de ceux qui disposaient d’un bouton furent meilleurs mais, ce qui est plus étonnant, sans que ce bouton ne soit utilisé. Le simple fait d’avoir la possibilité d’agir sur leur environnement avait suffi. À Sarajevo de 1992 à 1995, les règles d’ouverture du feu, dans le cadre des règlements des Nations Unies, pouvaient varier considérablement d’un bataillon à l’autre. Dans certains cas, le chef de corps se réservait seul le droit de faire ouvrir le feu ; dans d’autres unités, au contraire, l’initiative du tir était laissée au jugement de chacun, quel que soit son grade. La complexité des situations fit que les bataillons « décentralisés » n’ont pas beaucoup plus ouvert le feu que les unités « centralisées » mais il est certain que la frustration, et donc les troubles psychologiques, y fut bien moindre.
En résumé, dans ce premier cercle, l’homme doit se sentir fort, capable d’agir et avec le sentiment intime d’avoir de bonnes chances de s’en sortir. Pourtant cela ne suffit pas. En 1944, en Normandie et dans les Ardennes, de nombreuses unités américaines furent disloquées, entraînant la dispersion de milliers de soldats. Ces milliers d’hommes isolés furent d’une efficacité très faible. Les groupes formés à la hâte avec ces isolés ne s’avérèrent guère plus efficaces, limitant leurs actions à leur survie. En revanche les équipes de pièces, groupes de combat ou sections qui avaient été arrachés à leur position et à leurs unités d’origine, mais étaient restés ensemble pendant le repli, furent au contraire beaucoup plus solides. Aligner des hommes compétents ne suffit donc pas, il faut les « coudre ensemble » pour reprendre le mot de MacDonald à la bataille Wagram. Cette « couture morale » constitue le deuxième cercle de confiance. La force, c’est les autres.